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Der Spiegel :« Il est temps de casser les banques géantes »

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3 août 2012

Aux grands maux les grands remèdes : le premier hebdomadaire allemand appelle à rétablir la loi Glass-Steagall pour démanteler les banques universelles qui nous menacent d’une faillite géante ! Georg Mascolo, Rédacteur en Chef du Spiegel a pris la plume, y compris contre l’avis de sa propre rédaction économique, car la séparation entre banques casino et banques de dépôt « peut et doit être faite rapidement  » . Publié en allemand la semaine dernière, son éditorial vient d’être republié en anglais par le Spiegel comme pour s’adresser aux Etats-Unis, à l’Angleterre et à l’Europe entière.

Depuis des décennies, le Glass-Steagall Act américain garantissait une division claire entre banques commerciales et banques d’investissement. Mais son abrogation a participé à l’avènement de la crise financière mondiale. Aujourd’hui, les politiques devraient rétablir ce système bancaire à deux vitesses afin de garantir que les banques ’too big to fail’ cessent d’exister à l’avenir.

Mascolo évoque les récents propos de Sigmar Gabriel, le chef du SPD, dénonçant le « chantage » exercé par les banques, et l’étonnant retournement de Sandy Weill, l’ancien patron de Citigroup, qui après avoir été le pire ennemi du Glass-Steagall, en a appelé à son rétablissement pour protéger ce qui peut encore l’être.

“Glass-Steagall Act est le nom de la loi qui sépara le monde bancaire en deux catégories.

D’abord, les banques dédiées à l’activité classique de gestion des dépôts et d’octroi de prêts, qui leur confère une importance systémique. Ces banques doivent être protégées et, en cas d’urgence, secourues par l’Etat.

Ensuite, les banques d’affaires, qui n’ont aucun problème avec les activités à risques tant que cela leur paraît profitable. Weill pensent que si ça tourne mal, personne ne devrait se bousculer pour aller les renflouer. Ces banques devront être rétrécies et ne plus être les Goliath financiers qu’elles sont aujourd’hui. Celles qui sont dites ’too big to fail’ devront être considérées trop grandes pour être permises d’exister à l’avenir”.

Mais Mascolo déplore malgré l’actualité du débat qu’ « aucune proposition ne soit suffisamment soutenue  » . Il est vrai qu’on entend beaucoup de banquiers tenter de semer le doute sur les risques de la séparation, et Mascolo leur répond que « quoi qu’il en soit, les avantages dépassent de loin les inconvénients  ».

Puis il appelle les politiques à prendre leurs responsabilités :

Jusque-là, toutes les demi-mesures pour réformer le monde de la finance ont échoué à cause de l’opposition de Wall Street ou de la City de Londres (…). Les politiques croient encore pouvoir honorer leur promesse de mettre un terme aux excès des banques qui ont mené à la crise ; mais pour l’instant il ne s’est rien passé. (…) Cela peut et doit être fait rapidement

D’ailleurs, la loi Glass-Steagall n’a pu être possible que grâce à une commission du Sénat [ la Commission Pecora, ndlr] ayant exposé les attitudes folles et criminelles des banques dans la période qui a mené à la Grande dépression. La colère a ouvert la voie pour que cette loi soit votée. Parfois l’histoire se répète. Glass-Steagall a bien servi le monde pendant des décennies et il aurait été mieux qu’il n’ait pas été abrogé.

Signez et envoyez à vos Élus l’Appel à un Glass-Steagall global !