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En direct de Coponhague : le G77 dénonce « l’empire » mais pas encore le monétarisme

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11 décembre 2009

Les déclarations du représentant du G77, groupe de 133 pays en développement, attaquant les tractations secrètes des pays du Nord pour limiter leurs efforts aux dépends des pays du Sud dans l’élaboration du traité de Copenhague, démontre une réalité : derrière les grands discours, que ce soit sur la crise alimentaire, la crise financière ou la réduction des émissions de CO2, les intérêts financiers occidentaux ne font que perpétuer le colonialisme économique qui interdit tout développement massif et organisé à l’échelle du monde. Mais pour s’en sortir, les pays du G77 devront cesser d’espérer des aides et des compensations des pays riches et rejoindre le combat contre l’Empire monétariste qui stérilise leurs économies.

Mercredi, Lumumba Stanislas Di-Aping, ambassadeur soudanais aux Nations unies, dont le pays est à la tête du G77, a dénoncé le projet d’accord organisé en secret par le Danemark et les principaux pays riches : « Il s’agit d’une colonisation de l’atmosphère (…) cela reviendrait à faire ce que fait l’Empire depuis le XVIe siècle : piller les ressources du Sud ». Mais en restant prisonnier du cadre de discussion imposé par les intérêts anti-développement, il condamne l’Afrique à un rôle de mendiant : plafonner à + 2° C en moyenne le réchauffement ? « Mais, pour l’Afrique, cela signifie 3,5 degrés de plus, c’est une sentence de mort. » Le projet d’aide de 10 milliards de dollars d’ici à 2012 ? « Les pays riches sont capables de sortir 1 100 milliards pour sauver le système financier en trois semaines et on nous dit 10 milliards ? Même pas de quoi nous payer les cercueils. »

C’est toute l’ambiguïté que nous décrit notre correspondant à Copenhague : l’atmosphère tient plus de la confusion que de la rébellion. De nombreux délégués des pays du Sud et d’Afrique en particulier, sont charmés par les sirènes de Copenhague, et même s’ils doutent de la véracité scientifique de la théorie du réchauffement humain, ils acceptent d’entrer dans le jeu pour glaner quelques subventions ou se donner de l’importance. C’est pour cela que nos militants sur place passent leur temps à éduquer les délégués sur la nature anti-monétariste d’un système de crédit, qui donnerait à chaque nation le droit de création monétaire nécessaire aux investissements à long terme et à grande échelle.

Le militant S&P sur place nous rapporte aussi un vif intérêt de la part des Chinois, Indiens et Russes sur l’Alliance des quatre puissances proposée par Lyndon LaRouche, qui devra réunir les États-Uniset les trois pays cités pour arracher le contrôle du système financier aux intérêts privés et créer les conditions pour l’établissement de ces systèmes de crédit souverains. De nombreux délégués ont été briefés sur le sujet et plusieurs interviews avec des journalistes de ces pays ont été accordées.