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Conférence de l’Institut Schiller
Célébrer MLK et mettre hors état de nuire le ’ Bureau international des assassinats ’

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IS—Le 14 janvier, une vidéoconférence de l’Institut Schiller, intitulée « Ressusciter la véritable mission de JFK et Martin Luther King : arrêter la guerre mondiale de l’OTAN et démanteler le Bureau international des assassinats », a mis en lumière différentes facettes d’un processus commencé au XIXe siècle pour atteindre un crescendo de violence après la Seconde Guerre mondiale.

A l’époque, voyant ses privilèges menacés par la montée en puissance d’États souverains, réels et potentiels, une oligarchie internationale mit en œuvre une « stratégie de la tension » visant à intimider les dirigeants politiques du monde entier pour les amener à se soumettre.

La conférence - qui a bénéficié d’une forte audience sur internet - a débuté par un court extrait du discours prononcé par Lyndon LaRouche le 19 janvier 2004 à Talladega (Alabama), évoquant la contribution immortelle du leader du mouvement des droits civiques, Martin Luther King. S’ensuivit un résumé concis et puissant de la situation stratégique actuelle, présenté par Harley Schlanger, vice-président de l’Institut Schiller américain et ancien porte-parole national de Lyndon LaRouche, ouvrant quatre heures de discours et de discussions. Comme l’a souligné Schlanger, nous sommes confrontés à une approche anglo-américaine de « guerre en guise de politique étrangère ». On enchaîna sur un examen approfondi des mécanismes utilisés pour écarter, y compris physiquement, les dirigeants politiques et les mouvements qui offraient une alternative à cette politique.

Ce processus fut analysé sous différents angles, remontant jusqu’au XIXe siècle. Clifford A. Kiracofe, président de l’Institut de Washington pour la paix et le développement et ancien conseiller auprès de la Commission des relations étrangères du Sénat américain, décrivit l’émergence, à cette époque, du mouvement synarchiste, une sorte de confrérie internationale de financiers et d’industriels se plaçant au-dessus des États-nations souverains, tout en s’appuyant, en bas, sur le monde du crime organisé.

Cette mouvance synarchiste, qui favorisait un contrôle par le haut de la société, se trouve parfaitement décrite par Orwell dans son roman 1984. C’est elle que l’on retrouve au cœur des réseaux intellectuels donnant naissance au fascisme. Les héritiers de ce courant, qui façonnèrent de façon décisive les services de renseignement anglo-américain dans l’après-guerre, se retrouveront les jours prochains au Forum économique mondial de Davos, en Suisse, « véritable machine à fabriquer un consensus pour les élites mondiales ».

Comme le fit remarquer la fondatrice et présidente de l’Institut Schiller, Helga Zepp-LaRouche, à partir de la Guerre froide, on s’est retrouvé face à une véritable stratégie de la tension, destinée à intimider les dirigeants politiques afin de leur ôter toute velléité de rupture avec le système dominé par la City de Londres et Wall Street. Ces réseaux ont alors constitué un véritable « bureau des assassinats » en charge d’éliminer tous ceux qui ne voulaient pas céder à leurs intimidations.

Une vague d’assassinats débuta dans les années 1960, avec le meurtre du Premier ministre congolais Patrice Lumumba en 1961. Lors de la conférence, l’importance de Lumumba a été évoquée par un journaliste de la RDC, Norbert Mbu-Mputu, auteur de L’autre Lumumba. Peuple du Congo : histoire, résistances, assassinats et victoire sur le front de la Guerre froide. Il mentionna également d’autres dirigeants africains devenus les cibles de cet appareil, notamment Kwame Nkrumah, Laurent Kabila et Thomas Sankara. Au cours de la période de discussions, Schlanger y ajouta le nom de Mouammar Kadhafi.

Le meurtre de Lumumba fut suivi en 1962 par l’assassinat du dirigeant italien Enrico Mattei, député et administrateur de la puissante société pétrolière ENI. Le journaliste italien de l’EIR, Claudio Celani, passa en revue les preuves récentes indiquant que la mort de Mattei (dans le crash de son avion) résultait non pas d’un accident, mais bien d’un assassinat. Pourquoi l’avoir éliminé ? Mattei avait remis en cause la domination du cartel pétrolier des « Sept Sœurs » (cartel contrôlé par Standard Oil, le géant pétrolier aux mains de la famille Rockefeller), tout en offrant une véritable aide au développement aux nations du Sud productrices de pétrole, assortie de conditions plus favorables (un accord de partage des bénéfices de 25 % à 75 %, contre 50-50 selon l’accord privilégié par les Sept Sœurs). Celani évoqua ensuite les autres épisodes de cette stratégie de la tension qui frappa l’Italie, notamment l’enlèvement et l’assassinat de l’ancien Premier ministre Aldo Moro en 1978.

Le responsable de l’Organisation LaRouche, Dennis Speed, en vint alors à l’assassinat du président américain John Kennedy, suivi par ceux de Malcolm X, Martin Luther King et Robert Kennedy. L’assassinat de JFK est récemment revenu dans l’actualité en raison de la décision du président Biden de rendre publics certains documents, comme l’exige la loi, tout en continuant à en retenir d’autres.

Speed passa en revue ce que l’on sait des différentes composantes du « bureau des assassinats », notamment le rôle de Clay Shaw derrière le faux-nez servant de couverture à des « opérations noires », la société Permindex (Permanent Industrial Expositions).

C’est dans cette lignée qu’il faut situer le Centre ukrainien de lutte contre la désinformation (CCD), qui a dressé et publié sur son site des listes de « gens à abattre », dont plusieurs intervenants à la conférence. Speed revint également sur l’importance de MLK, commémoré chaque année aux Etats-Unis le 15 janvier, en diffusant un extrait du discours prononcé par Lyndon LaRouche en 2004, à l’occasion de la Journée Martin Luther King à Talladega, en Alabama. LaRouche y décrit King comme quelqu’un qui a pleinement accepté toutes les implications sa « mission divine ».

Ray McGovern, ancien analyste de la CIA, lanceur d’alerte et cofondateur de Veteran Intelligence Professionals for Sanity (VIPS), compléta le tableau en évoquant d’autres dirigeants du Mouvement des droits civiques, notamment James Lawson et Fannie Lou Hamer qui disait : « Il semble parfois que dire la vérité aujourd’hui, c’est courir le risque d’être tué. Mais si je tombe, je tomberai de cinq pieds et quatre pouces en avant dans la lutte pour la liberté. »

Helga Zepp-LaRouche donna à son tour une analyse détaillée de la stratégie de la tension en Europe, en s’appuyant sur les exemples allemands des assassinats du président de la Deutsche Bank, Alfred Herrhausen, et de l’administrateur de la Treuhand (Agence allemande pour la reconstruction), Detlev Rohwedder, respectivement en 1989 et 1991. Tous deux occupaient des postes de responsabilité en matière de politique économique lors de la réunification allemande. Ces meurtres instaurèrent un climat de peur en Allemagne, ce qui explique pourquoi les dirigeants allemands adhèrent aujourd’hui à une politique de guerre qui va si directement à l’encontre des intérêts de leur nation. Mme LaRouche rapporta que le colonel L. Fletcher Prouty, ancien commandant des opérations spéciales pour l’état-major interarmées sous le président Kennedy (et le « Mr X » du film JFK d’Oliver Stone), avait confié à des membres de l’organisation LaRouche que Herrhausen avait été tué parce qu’il représentait une voie alternative à celle souhaitée par les élites anglo-américaines pour le monde post-Comecon, et que son assassinat était aussi important que celui de JFK. Pour Mme LaRouche, le soutien croissant de Herrhausen à l’effacement de la dette du tiers monde était « le péché capital qui lui coûterait la vie » et sa mort constituait un avertissement au chancelier allemand de l’époque, Helmut Kohl : « Ne vous avisez pas de vous lancer dans une politique souveraine ! »

L’animateur de talk-show et analyste politique Garland Nixon décrivit ensuite comment, après la Seconde Guerre mondiale, l’URSS avait affirmé sa domination sur les nations d’Europe de l’Est par le biais du Conseil d’assistance économique mutuelle (Comecon). L’OTAN en fit autant, mais en s’appuyant sur l’illusion de l’indépendance nationale, de la souveraineté et de la démocratie. La guerre en Ukraine a désormais dissipé cette illusion. Les élites transatlantiques ont un point de vue qui n’est pas différent de celui du prince Harry sur ses victimes afghanes, à travers le viseur de son hélicoptère de combat : ces gens ne sont pas considérés comme des êtres humains. Ces élites sentent maintenant qu’elles doivent étouffer toute dissidence dans les médias et les médias sociaux, mais c’est un motif d’optimisme, car cela démontre qu’elles ont peur. « L’empire américain est en guerre contre la modernité, avait déclaré Nixon. C’est comme le jeu du chat et de la souris... Les États-Unis sont aussi en guerre contre eux-mêmes. »

Jacques Cheminade, président du parti Solidarité & Progrès en France, retraça les diverses tentatives de l’oligarchie pour gérer le monde d’après-guerre. Il reprit notamment la théorie selon laquelle la conférence au sommet, qui avait réuni à Paris, en 1960, les États-Unis, l’Union soviétique, le Royaume-Uni et la France, avait été intentionnellement sabotée par les services de renseignement, qui auraient transmis à l’URSS les informations leur permettant de détecter et d’abattre l’avion espion américain U-2. Ces services de renseignement font partie intégrante du complexe militaro-industriel (CMI), contre lequel le président Dwight Eisenhower avait mis en garde à la fin de son mandat. (Le panéliste Ray McGovern élargira par la suite ce concept en « MICIMATT », ou complexe militaro-industriel, de contre-espionnage, médias, universités et groupes de réflexion).

Résumant la signification des nombreux assassinats politiques de l’après-guerre, Cheminade affirma que cette série de meurtres n’était « évidemment pas une coïncidence », mais qu’il s’agissait d’une action contre le principe d’État-nation. Il rappela la tentative avortée d’assassinat du président français Charles de Gaulle par l’OAS (Organisation de l’Armée secrète), autre tentacule du bureau des assassinats, avant de conclure qu’en comparaison avec nos chefs d’Etat actuels, « de Gaulle et Kennedy, malgré leurs défauts, étaient des géants ».

Le lobbyiste conservateur Roger Stone, qui conseilla tout à tour Richard Nixon, Ronald Reagan, Jack Kemp, Bob Dole, George W. Bush et Donald Trump, commenta la récente révélation par Politico d’une conversation enregistrée entre le président Richard Nixon et son directeur de la CIA de l’époque, Richard Helms, dans laquelle Nixon, en plein scandale du Watergate, tente de faire pression en menaçant de révéler qui avait réellement tué John Kennedy. Selon Stone, plusieurs des « plombiers » du Watergate opéraient pour la CIA et certains étaient présents à Dallas, sur la Daley Plaza, au moment de l’assassinat de JFK.

Pour Helga Zepp-LaRouche, il est clair que ces assassinats étaient destinés à semer la terreur. Ainsi, « si vous en éliminez quelques-uns, peut-être que les autres auront peur et se rangeront. » Clifford Kiracofe ajouta que, selon lui, l’objectif des mondialistes est d’empêcher à tout prix les États-Unis d’avoir de bonnes relations avec la Russie et la Chine.

En conclusion, Helga Zepp-LaRouche éleva le niveau du débat en s’inspirant du « poète allemand de la liberté », Friedrich Schiller. Nos adversaires, les oligarques et les racistes, sont comme les plantes atrophiées dans la métaphore de Schiller, parce qu’ils sont émotionnellement sous-développés. Pour nous, comme pour Schiller, le vrai bonheur ne vient pas des milliards de dollars, des boîtes de caviar ou des Porsche que l’on possède, mais de la créativité, de l’amour et de la contribution que chacun peut apporter à l’humanité.